Le défi

En Afrique, 200 million de jeunes sont âgés de 15 à 24 ans.  Basé sur les tendances actuelles, ce chiffre pourrait doubler d’ici à 2045.  Les jeunes représentent également 60% de tous les Africains au chômage. 82% des travailleurs africains sont considérés comme “travailleurs pauvres” – dans des emplois précaires ou se battant pour survivre.  Selon notre expérience, tout ce que veulent les jeunes les plus vulnérables c’est un véritable emploi et la dignité qui l’accompagne. 

Au Sénégal, souvent considéré comme une des réussites de l’Afrique, 66% des jeunes âgés de 15 à 24 ans (1.7 million de personnes) ne terminent pas l’école primaire et doivent accéder au marché de l’emploi sans qualifications. Pour ceux qui ont de la chance et parviennent à la formation professionnelle, les places sont limitées, les options souvent stéréotypées selon le genre tandis que la formation offre rarement un curriculum de qualité qui répond aux besoins du marché de l’emploi. Cette incohérence entre compétences des jeunes travailleurs et celles recherchées par les employeurs parait être chronique.

Confrontés à un manque de perspectives, survivant dans des emplois informels et mal payés, beaucoup de jeunes risquent leur vie en essayant de rejoindre l’Europe à la recherche d’une meilleure vie. Si entre janvier et mars 2015, 1200 Sénégalais ont atteint la côte italienne, la même année 1218 migrants d’origine Sub-Saharienne ont péri tragiquement. Entretemps, l’expérience des violences liées aux élections, pas seulement au Sénégal, nous a montré que le manque d’emplois peut porter atteinte à la cohésion sociale et attiser la violence politique. Une génération de jeunes chômeurs vivant dans la pauvreté ne met pas seulement l’avenir d’un pays en danger, mais représente également une cible facile pour les extrémistes.

Ces jeunes ont besoin d’urgence d’une deuxième chance ! Ils n’attendent qu’une opportunité.

Le défi
Le défi

Témoignages

Je m’appelle Awa, j’ai 18 ans et je viens d’une famille pauvre et polygame.

Awa

Mon père est décédé il y a longtemps. Il ne voulait pas que ses enfants aillent à l’école française, et cela a eu beaucoup de répercussions sur nous. Je n’ai pas de travail stable. Avant, j’aidais ma sœur à faire du petit commerce pour aider notre mère qui est malade. Mais comme le commerce était risqué et pas très fructueux, j’ai décidé de rester à la maison. J’habite dans un quartier populaire et pour ne pas finir entre de mauvaises mains, j’ai demandé conseil à un de mes anciens moniteurs qui m’a orienté vers l’Association Jeunesse Espoir (AJE) pour que je puisse participer à leurs activités. Auparavant, j’avais fréquenté un autre centre d’accueil et divers ateliers, mais je n’avais jamais eu de vraie formation. Nous n’avions pas les moyens de m’inscrire dans un centre de formation professionnelle digne de ce nom.

Je sais qu’une formation me permettrait d’avoir un vrai métier et un travail pour subvenir à mes besoins et aider ma famille.

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Je m’appelle Babacar. Je suis le plus jeune à la prison de Saint Louis.

Babacar

Depuis mon enfance, j’ai eu une vie semée d’embûches. Je suis un enfant illégitime, mon père était un ivrogne et ma mère une femme de ménage qui arrivait à peine à joindre les deux bouts et à nourrir ses 5 enfants.

J’ai 19 ans maintenant et j’ai passé beaucoup de temps derrière les barreaux. Je ne suis allé ni à l’école française ni à l’école coranique. Je n’ai jamais appris un métier. Je traînais dans la rue avec d’autre enfants, au marché, dans les gares, sur les quais… pour arriver à subvenir à mes besoins.

Ma première condamnation date d’il y a 5 ans. J’étais encore mineur et j’avais volé un téléphone portable. J’ai eu 3 condamnations et cette fois, il me reste 45 jours à passer en prison.

Après toutes ces difficultés, j’ai décidé que je veux changer de vie. Je veux apprendre un métier pour pouvoir décrocher un travail pour survenir à mes besoins, quitter la rue, aider ma famille et convaincre mes anciens amis de suivre le même chemin.

En ce moment, à la prison, je n’ai pas d’activités, mais dès que je serai sorti, je vais aller voir l’Association Jeunesse Espoir (AJE), assister à leurs cours gratuits, et j’espère être sélectionné pour une bourse d’études pour pouvoir réaliser mes rêves.

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