Le défi

En Afrique, plus de 230,5 million de jeunes sont âgés de 15 à 24 ans.  Basé sur les tendances actuelles, ce chiffre pourrait doubler d’ici à 2050.  Les jeunes représentent également 60% de tous les Africains au chômage. 82% des travailleurs africains sont considérés comme “travailleurs pauvres” – dans des emplois précaires ou se battant pour survivre.  Selon notre expérience, tout ce que veulent les jeunes, c’est un véritable emploi et la dignité qui l’accompagne. 

Au Sénégal, souvent considéré comme une des réussites de l’Afrique, 62% des jeunes âgés de 15 à 24 ans (1.9 million de personnes) ne terminent pas l’école primaire et doivent accéder au marché de l’emploi sans qualifications. Pour ceux qui ont de la chance et parviennent à la formation professionnelle, les places sont limitées, les options souvent stéréotypées selon le genre tandis que la formation offre rarement un curriculum de qualité qui répond aux besoins du marché de l’emploi. Cette incohérence entre les compétences des jeunes travailleurs et celles recherchées par les employeurs  ont contribué à la croissance du secteur informel.

Confrontés à un manque de perspectives, survivant dans des emplois informels et mal payés, beaucoup de jeunes risquent leur vie en essayant de rejoindre l’Europe à la recherche d’une meilleure vie. En juin 2018, UNHCR estimait qu’une personne sur sept a perdu la vie en essayant de traverser la Méditerranée.  Selon ces estimations, sur les 10,378 Sénégalais ayant atteint les frontières européennes en 2016, plus de 1,400 auraient tragiquement péri en mer. Entre-temps, l’expérience de la violences liées aux élections, non seulement au Sénégal, a montré que le manque d’opportunités d’emplois peut porter atteinte à la cohésion sociale et attiser la violence politique. Une génération de jeunes chômeurs vivant dans la pauvreté ne met pas seulement en péril l’avenir d’un pays , mais représente également une cible facile pour les extrémistes.

Ces jeunes ont besoin d’urgence d’une deuxième chance ! Ils n’attendent qu’une opportunité.

Le défi
Le défi

Témoignages

Je m’appelle Abibatou.

Abibatou

«À l’époque, j’aurais préféré mourir plutôt que de continuer à vivre. Je n’en pouvais plus . J’étais enceinte pour la deuxième fois (hors mariage). Ma famille et ma communauté m’avaient complètement rejetée. Une de mes sœurs, avec qui je partageais une chambre, attendait la nuit et me maltraitait verbalement pendant des heures. Cela a duré pendant toute la durée de ma grossesse. Seul mon père me parlait encore et était le seul à me soutenir financièrement, malgré notre situation financière précaire (notre famille entière vit de la petite allocation de retraite de mon père).

J’avais quitté l’école à cause des circonstances, bien que j’avais de bonnes notes. Heureusement, j’ai rencontré le partenaire local d’Aspyre Africa et j’ai eu l’occasion de commencer un cours en horticulture juste à ce moment-là. La formation a vraiment changé ma vie. Nous étions tous pareils. Nous rions ensemble. Dès que nous entrions dans le centre de formation, nous oublions tous nos problèmes. Après avoir obtenu notre diplôme, nous avons créé notre propre coopérative.

Aujourd’hui, je fais face à un avenir plein d’espoir. Cela me fait sourire lorsque j’entends les femmes bavarder de mon quartier chuchoter «elle a vraiment changé» en me voyant partir pour le travail le matin. Je sais que si nous travaillons fort et recevons des conseils, nous réussirons! Je sais aussi que très bientôt, je serai capable de gérer tous mes problèmes et de prendre soin de mes enfants sans l’aide de personne. “

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Je m’appelle Babacar. Je suis le plus jeune à la prison de Saint Louis.

Babacar

Depuis mon enfance, j’ai eu une vie semée d’embûches. Je suis un enfant illégitime, mon père était un ivrogne et ma mère une femme de ménage qui arrivait à peine à joindre les deux bouts et à nourrir ses 5 enfants.

J’ai 19 ans maintenant et j’ai passé beaucoup de temps derrière les barreaux. Je ne suis allé ni à l’école française ni à l’école coranique. Je n’ai jamais appris un métier. Je traînais dans la rue avec d’autre enfants, au marché, dans les gares, sur les quais… pour arriver à subvenir à mes besoins.

Ma première condamnation date d’il y a 5 ans. J’étais encore mineur et j’avais volé un téléphone portable. J’ai eu 3 condamnations et cette fois, il me reste 45 jours à passer en prison.

Après toutes ces difficultés, j’ai décidé que je veux changer de vie. Je veux apprendre un métier pour pouvoir décrocher un travail pour survenir à mes besoins, quitter la rue, aider ma famille et convaincre mes anciens amis de suivre le même chemin.

En ce moment, à la prison, je n’ai pas d’activités, mais dès que je serai sorti, je vais aller voir l’Association Jeunesse Espoir (AJE), assister à leurs cours gratuits, et j’espère être sélectionné pour une bourse d’études pour pouvoir réaliser mes rêves.

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